Histoire, Houblon, Origine, Nouvelle-Zélande

Les houblons néo-zélandais : la chasse à l’or vert

Le houblon néo-zélandais est très prisé par le monde brassicole, pour ses qualités organoleptiques, sa diversité de goût et sa double fonction aromatique et amérisante. Pourtant, ces variétés sont relativement nouvelles dans la cour brassicole.

Jetons un œil sur la naissance et le développement de l’or vert de ces contrées lointaines.

Article écrit en collaboration avec Alexandra Berry.

Un peu d’histoire

Les premiers houblons néo-zélandais ont été plantés en 1842 dans la région de Nelson. Généralement d’héritage européen ou nord-américain, ils ont été rapportés par les colons allemands et anglais. Les premiers plants qui ont été cultivés en Nouvelle-Zélande provenaient principalement d’Angleterre (Fuggle, Bumford, Cluster et Goldings) et d’Allemagne (Hallertauer et Spalt).

Plus précisément, c’est au début des années 1900 que les Bisley Brothers & Co, une compagnie de vente de houblon, importe une variété californienne, le Cluster, particulièrement adapté au climat et au terroir et qui devint rapidement le plus répandu du territoire. Mais cette popularité a connu ses limites lorsqu’une infection de Phytophthora Cactorum, un champignon nommé le « Black Root Rot », vint pourrir toutes les plantations. Les houblonniers, incapables de lutter contre cette infection, ont du se tourner vers des plants plus résistants.

Dans ce contexte et en 1947, le Department of Scientific and Industrial Research établit un centre de recherche à Riwaka, avec pour mission de développer des variétés alliant rendements et résistances aux maladies. Malgré son maigre rendement, le Fuggle fut par exemple privilégié et croisé avec des variétés californiennes pour produire un houblon à la fois aromatique et résistant. Cela a donné naissance au First Choice, au Smooth Cone et au Calicross.

En 1972, la Nouvelle-Zélande produit son premier houblon Triploïd commercial avec un taux d’alpha acide de 10% et fut ainsi le premier pays au monde à proposer un houblon de ce type pour répondre à la demande des brasseurs de disposer de houblons sans graines.

Dans les années 1980, les recherches continuent avec plusieurs cultivars dérivés de houblons nobles aromatiques. Bien que le pays ne représente que 0.5% de la production mondiale, il offre pourtant la plus grande variété aromatique, avec pas moins de 6 différentes variétés certifiées biologiques : « An Island Apart from Pests and Pollution » !

Un terroir idéal pour une culture écologique et fructueuse

Grâce à leur climat ensoleillé, les campagnes de Motueka et Riwaka, qui ont par la suite inspiré plusieurs variétés, ont vu prospérer des houblonnières foisonnantes et aromatiques. 

Cela étant, notons que les journées en Nouvelle-Zélande sont plus courtes qu’en Europe et que partant, les rendements peuvent être moindres. On ne peut pas tout avoir.

La majorité des houblons se trouve aujourd’hui toujours dans la région de Nelson, dans l’île du Sud, protégée du vent par des vallées et montagnes et qui offre une température moyenne annuelle de 11°C, 2 400 heures de soleil par an, et une précipitation annuelle d’environ 139.7cm – des conditions idéales pour la culture de houblon. De plus, les sols ont une composition unique grâce à la proximité de la mer ce qui, tout comme le cépage dans le vin, affecte l’aromatique et crée des variétés uniques au monde.

Non sujet aux infections que l’on peut retrouver dans l’hémisphère nord, les houblonnières de Nouvelle-Zélande ont pu développer une éthique très écologique et saine, évitant les pesticides ou intrants permettant de protéger les plants. Le pays en général est connu pour son harmonie avec la nature, contre le nucléaire et très conscient de la fragilité de son écosystème. Ainsi, grâce à cette philosophie, au terroir et au climat, ils peuvent fournir des houblons de qualité et aromatiques à travers le monde, et notamment pendant les saisons hivernales.

Entre le terroir, le climat et le calendrier inversé, les houblonnières peuvent prospérer en proposant leurs produits à l’international toute l’année.

Ces houblons dans la bière

Exclusivement vendus aux brasseurs dans le pays, les houblons néo-zélandais commencent à s’exporter au début du 20ème siècle, notamment en Irlande, Angleterre et Allemagne. D’ailleurs, les Stouts de Guinness et les IPAs de Allsopp & Inde Coope étaient réalisées avec des « kiwi hops » à ce moment-là. 

Grâce à leur histoire, leur conception et leur culture raisonnée et qualitative, nul ne peut nier la grande qualité de ces variétés (d’où une belle différence de prix également). De plus, leur profil aromatique correspond parfaitement aux styles en vogue : les IPAs, et particulièrement les IPAs bien juteuses, fruitées et aromatiques.

Leur terroir est propre à ce pays ce qui implique également qu’il est difficile de reproduire ces arômes et ces compositions d’acides alphas ailleurs dans le monde. On retrouve chez les néo-zélandais des palettes aromatiques extrêmement variées malgré la proximité des plants : du fruit exotiques chez le Moutere, de l’agrume au Motueka, des épices dans le Wai-Ti ou encore des plantes et notes florales chez le Wakatu… sans oublier l’indétrônable Nelson Sauvin et ses notes vigneronnes ! De quoi ravir les brasseurs et venir enrichir tous les styles de bières !

Source : @nzhopstltd

Le succès de ces variétés s’explique aussi tout simplement par leur rareté. En effet, en 2018 la demande pour les variétés néo-zélandaises a explosé, sur une offre plutôt limitée. La chasse au Nelson Sauvin, au Motueka ou encore au Riwaka a été très serrée ! Malgré une augmentation de production nationale de 44% en 2019, leur popularité n’a fait que croître et 90% de la production était vendue avant même la récolte ! A titre comparatif et pour comprendre la rareté de ces petits bijoux, il faut savoir que les houblonniers au Nord-Ouest des Etats-Unis ont produit 49 000 tonnes de houblons en 2018, contre un peu plus de 1000 en Nouvelle Zélande.

Enfin, et détail important, les brasseurs aiment la nouveauté ! Dans ce territoire encore relativement inexploré, de nouvelles variétés, des croisements et de nouveaux arômes sont explorés et dévoilés, pour le plus grand bonheur des brasseurs et amateurs de bières !

Après l’immense succès du Nelson et ses notes de raisins blancs, le petit nouveau chouchou est le Nectaron. Utilisé en fin d’ébullition ou en dry hop, celui-ci offre des arômes puissants de fruits tropicaux, d’ananas et de fruits de la passion !

Depuis plusieurs années maintenant, HOPSTORE importe directement depuis la Nouvelle-Zélande ces bombes aromatiques qui ravissent vos bières, narines et papilles !

N’hésitez pas à nous contacter pour plus d’infos 😉

Sources:

https://www.myfarm.co.nz/sector/hops

https://grainfather.com/new-zealand-hop

Hieronymus, S., For the love of hops, (2012), Brewers Publications.

https://nzhops.co.nz/

Retour à la liste

Articles similaires

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.